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Délice réalise avec cohérence des œuvres allégoriques en pratiquant l’art du clair-obscur. Il joue de la couleur et de la lumière .

Il fascine car son monde devient alors imaginaire et créateur. Lucide sur l’existence, il interroge car sa réflexion nous laisse entrevoir une vérité

aussi lumineuse qu’insoutenable : la condition d’être humain !

Il a choisi…et plutôt que de se débattre pour s’en sortir , il s’y est installé. Or , lorsqu’on observe le quotidien des hommes du fond

de cet abysse on ressent le mal des profondeurs. Une part de son inspiration doit venir de là et qu’il ne parvient que très rarement à s’en extraire.

Du fond de ce questionnement , du bout de ses ténèbres on perçoit , quelque part une lumière qui donne envie de la connaitre.

Sa peinture est son histoire, aussi son interrogation perpétuelle.

J. Lejumeau



"L'Art est le plus beau des mensonges" Claude Debussy

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vendredi 12 février 2016

Une amère confession de Picasso...vrai ou faux ?

En 1952, Picasso écrivait à son ami Giovanni Papini :
« Dans l’art, les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintessence cherchent le nouveau, l’étrange, l’extravagant, le scandaleux.
Moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j’ai contenté ces maîtres et ces critiques avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées par la tête, et moins ils les comprenaient, plus ils les admiraient.
Mais quand je suis seul avec moi-même, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens grand et antique du mot.
Ce furent de grands peintres que Giotto, Le Titien, Rembrandt et Goya : je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et épuisé le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains.
C’est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu’elle ne peut sembler.
Mais elle a le mérite d’être sincère ».
référence : http://jipel.over-blog.com/article-confession-de-picasso-87221777.html

jeudi 3 mai 2012

Le sentiment du beau ...


Le sentiment du beau, le charme de la beauté n’est pas le privilège de nos cinq sens. Nous éprouvons la beauté surtout sur le plan de la vue et de l’ouïe. Il est difficile de parler de beauté à l’égard d’un parfum. Un parfum peut-être prégnant, enivrant, délicat ; il n’est pas « beau » sur le plan de l’odorat. Un contact peu être désagréable, feutré, doux. Nous ne pouvons pas directement parler de beauté à partir du seul sens du toucher. Il en est de même pour les plaisirs de la table, ce qui est délicieux au palais n’est pas pour autant « beau ». Nous éprouvons la beauté surtout sur le plan de la vue et de l’ouïe. Si l’art a une valeur suprême, c’est de nous rendre ce regard plus libre, de ne nous ramener à une relation sensible, poétique avec le monde. L’artiste est celui qui a reçu de la nature une sorte de transparence. Là où le voile qui couvre la perception ordinaire est épais pour la plupart des hommes, il est comme transparent chez l’artiste. Il a reçu cette sensibilité esthétique qui lui permet d’appréhender l’individualité des choses et des êtres par delà les concepts de l’intellect. Le sculpteur qui voit passer des enfants dans la rue éprouve la puissance de leur expression, ce langage d’une pose du corps, cette présence qui est un langage. Le peintre qui contemple un paysage goûte les ombres et la lumière, un contraste unique, que l’homme pratique ne remarque pas. Le poète perçoit des harmonies dans les mots, un chant de la pensée qui est devenue sensible, que nous n’entendons pas dans notre discours habituel. L’écrivain réveille la langue et lui insuffle une Vie plus large, plus profonde, plus signifiante que celle qu’elle a dans les rapports pratiques. Le musicien est capable de toucher directement la fibre sensible de l’âme en usant des sons sur un registre qui n’est pas celui de la pensée conceptuelle. La musique nous touche parce qu'elle fait directement écho à l’intériorité dans son écoulement intérieur.
...Si j’éprouve une exaltation, cette jouissance esthétique , elle est accompagnée de plénitude.

dimanche 4 décembre 2011

Vie d'artiste

Un artiste est toujours content quand on achète ses « œuvres » : peintures, sculptures, livres…

Particulièrement lorsqu’il en est encore dans sa période du balbutiement et du doute.

Non seulement c’est une reconnaissance de son art, mais c’est souvent aussi, et tout simplement, un moyen de tenir jusqu'à sa prochaine de commande sur des pinceaux, sur des pigments , etc... Pour l’acheteur, c’est à la fois une occasion de montrer son bon ou son mauvais goût, de soutenir et quand même la création artistique ou de faire un bon ou mauvais  investissement.

Et puis, il y a d’autres raisons, plus obscures :

Je me suis réjoui de voir le bonheur de Vlaminck apprenant la vente de sa première toile aux Indépendants, cependant j’avoue m’être plus amusé lorsque celui-ci découvrit la vraie motivation de son bienfaiteur. Ce dernier, un riche commerçant du Havre, était venu au salon dans un seul but : acheter la toile la plus laide pour en faire cadeau à son gendre !

samedi 25 décembre 2010

Qu'apporte le titre de l'Oeuvre ?

Lors d’une exposition, vous allez parfois lire le cartel à côté de l’oeuvre : le titre qui y figure donne-t-il une indication utile à sa compréhension ?
Un titre, pourquoi ?
D’abord, certains artistes ne s’intéressent pas au titre, celui-ci n’étant qu’une habitude pratique ; alors un simple numéro suffit et l’oeuvre est affublée d’un bref "Sans Titre".


Pour d’autres artistes au contraire le titre fait partie intégrante de l’oeuvre ; donné avant ou dès son achèvement, comme un prénom est associé à un individu à sa naissance et y reste de manière intime, il peut même (selon certains) influencer son caractère.

Certains artistes jouent avec un titre sans que celui-ci ait un véritable rapport avec le contenu de l’oeuvre, notamment chez les abstraits ; ces artistes laissent volontairement au spectateur la libre interprêtation de ce qu’il voit et laissent chacun développer ses propres sensations devant l’oeuvre.

 Et puis il y a des poètes ou littérateurs en verve qui accompagnent leur création plastique d’une prose qui lui est inséparable, l’oeuvre étant l’ensemble des deux :
> impossible ici d’éviter René Magritte dont les titres jouent avec les tableaux, comme la célèbre pipe annotée "ceci n’est pas une pipe" qu’il a commentée : "l’image n’est pas à confondre avec la chose représentée".
Magritte disait [Ecrits Complets, Flammarion, chap.68] : "les titres ne sont pas des explications, les tableaux ne sont pas des illustrations des titres, leur relation est poétique ; un titre doit être compatible avec l’émotion" que suscite le tableau et "le titre poétique doit nous surprendre et nous enchanter".
Tout de même dans cet étrange "Modèle Rouge"
le titre est plus qu’un accompagnement poétique, car du Modèle ne reste que ses pieds dont se souviennent ces bottines abandonnées mais marquées, modelées, par la cohabitation.


...Et  ça, c'est dit et écrit sans sous-titres !









dimanche 5 septembre 2010

Le jugement esthétique

Toutes les œuvres d'art sont jugées : il y a le jugement de goût et le jugement de connaissance.
Le jugement de goût : « C'est beau ! », « C'est laid ! », « Ça me plaît. », etc. Ce jugement n'exprime rien sur l'œuvre d'art mais exprime l'état de celui qui reçoit l'œuvre d'art  ( subjectivité ). Le goût est-il réellement personnel ? Quand on dit « C'est beau ! », c'est pour faire partager son goût  ( le goût est communicable ). Les hommes discutent de leurs goûts, il n'existe pas de goût réellement personnel.
Le jugement de connaissance : c'est le jugement légitime, celui qui est objectif ( par l'analyse ). Par exemple, pour la musique : l'étude des thèmes, de la tonalité, de la construction harmonique, des mouvements, du contexte historique permet de juger objectivement l'œuvre d'art ( malgré l'objection courante qui consiste à dire qu'analyser une œuvre, c'est détruire le plaisir ). Bien souvent, l'intérêt pour une œuvre naît avec l'analyse. Cependant, l'art vise à communiquer en s'adressant à notre sensibilité ( même si l'on y connaît rien en art ).